img8Les Jardins – Julie Poulain

Exposition du 3 mars au 8 avril 2018

Pour Julie Poulain « la représentation d’un sujet déterminé n’est pas le but auquel tend le tableau mais se révèle et se transforme au cours de son évolution, par résonances, similitudes et analogies, dans le travail de la peinture4 ». L’enregistrement de la gestuelle de son pinceau sur la toile décide des formes d’où naît et se transforme le sujet de son oeuvre. Entre ce qui se construit et ce qui se défait, ce qui se dépose et ce qui s’efface, par cette dialectique des actions contraires s’échafaude progressivement un univers autonome, libéré de la réalité mais non de son image mentale. De ces dépositions de traces, de taches, voire de résidus de peinture, l’artiste est la première spectatrice puis l’interprète de ces formes pour en faire naître d’abondantes végétations, des feuillages, des plantes et des fleurs à profusion, certes difficilement identifiables par un botaniste mais bien repérables comme tels. Partiellement confrontée à des grillages ou aux croisillons d’une fenêtre, la nature est canalisée dans son désordre apparent, comme si la liberté d’une écriture picturale renforçait sa vivacité dans une combinaison avec quelques tracés géométriques.

Puisque par ces évocations, les jardins du peintre sont des prétextes à des constructions mémorielles, des souvenirs d’enfance peuvent ressurgir et y avoir une place. La tradition picturale parle de staffage lorsque les artistes placent des personnages dans un paysage, de la même manière les tableaux de Julie Poulain deviennent le cadre où s’égarent quelques figures fantomatiques, sans action précise et dont les seules présences énigmatiques dans la fugacité d’un instant et l’intemporalité d’un lieu pourraient nous rappeler encore une fois que « donner à voir, c’est toujours inquiéter le voir, dans son acte, dans son sujet5 ».

Extrait d’un texte de Jacques PY

4 Note de l’artiste, 2017.
5 Georges Didi-Huberman, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, Paris, Éditions de Minuit, 1992, p. 51.

Visuel : Julie Poulain, Détail Derrière la grille, huile sur toile 225 x 200 cm

Dossier de presse