Dossier de presse

Visuel-réduitExposition présentée du 9 mai au 7 juin 2015

Vernissage le samedi 9 mai à 14h30 au Radar

Maître dans la pratique du dessin et de la peinture, Jérôme Devimes explore pour l’exposition Never been to Tahiti, l’univers tridimensionnel. Utilisant le dessin comme outil de prédilection, l’artiste est attentif à tous les éléments qui l’entourent. Le paysage et la nature sont au centre de ses préoccupations et notamment dans leurs relations au corps, leurs interactions possibles et leurs mutations. L’artiste tente de « faire corps » avec la nature, l’enregistrer, la modifier ou la devenir.

« Que faire des nuages du pays de Galles sinon recréer des tempêtes ? Éprouver la douce sensation d’être happé quand on marche sur les terrains marécageux. Que faire de toutes ces fleurs piétinées sinon être « digéré » à notre tour ? » s’interroge l’artiste.

Le dessin est précis, presque scientifique, mais les résultats sont de fausses anatomies, qu’elles soient humaines, végétales ou hybrides. Puisant souvent ses références dans les pratiques classiques comme dans les dessins d’Ingres, l’Ophélie de Millais ou les mythes de Daphné ou de Narcisse, Jérôme Devimes plonge le visiteur dans un univers chargé de mystère, de poésie et de profondeur. Abordant l’image du corps et de l’autoportrait comme un matériau qu’il modèle et transforme à sa guise par le dessin, la démarche de Jérôme Devimes suggère des mutations futures. Poursuivant cette idée, l’artiste expérimente les nouvelles technologies et utilise ses dessins comme des « fichiers sources » qui peuvent être développés différemment. Amalgamés en documents numériques, ils deviennent photographies. Réinterprétés en scans 3D, ils deviennent sculptures. Passant de la deuxième à la troisième dimension, les œuvres de la série Never been to Tahiti témoignent de ce véritable dialogue.

Situé sur les hauteurs de la plage d’Omaha en Normandie, un arbre devient source d’inspiration et référence pour l’artiste. Luttant seul contre les éléments, il n’a probablement pas été témoin du débarquement mais son emplacement le place en symbole de cette possible mémoire. Réalisée en découpage laser grâce à un travail commun avec des étudiants de l’IUT d’Amiens, la sculpture présentée par Jérôme Devimes est minutieuse, délicate et tout à fait fascinante, à l’image de son dessin.

J.A.