© Reem YassoufCécile Hennion
ALEP-MACHINE : Le fil de nos vies brisées

Du 8 octobre au 3 novembre 2019
D’après le livre  » Le fil de nos vies brisées » de Cécile Hennion-éditions Anne Carrière
Commissaires d’exposition : Cécile Hennion et Marie Sumalla / Tipping Expected

Jamais dans l’histoire des conflits une guerre n’a été autant documentée que celle qui a débuté en Syrie en mars 2011. De jeunes révolutionnaires érigés en « journalistes citoyens » ont pris des risques inouïs pour témoigner de la répression brutale dont la population syrienne était victime. Ce flot incessant d’images en temps réel n’a pas déclenché la solidarité internationale que ces jeunes escomptaient. Alimenté par les vidéos envoyées par les groupes armés de tous bords, ce déferlement d’ultra-violence audiovisuel a étouffé la parole, les aspirations, les souffrances et la résistance des civils, effaçant ainsi tous les aspects humains de cette guerre. La narration du conflit a été réduite à des explications militaires et géopolitiques dans lesquelles l’existence de millions d’individus jetés sur les routes de l’exil a presque disparu.

 

Hommes, femmes et enfants ont été broyés par la machine de la guerre. Le destin de la ville d’Alep, dont la partie orientale a été ravagée et évacuée de ses habitants à l’hiver 2016, n’est pas très différent de celui d’autres villes syriennes. La destruction de cette grande cité, riche et cosmopolite, revêt cependant un caractère universel. Elle était l’une des plus anciennes villes de l’humanité encore habitées, l’un des berceaux du patrimoine universel désormais disparu. Cette exposition a pour objectif, en
prenant l’exemple d’Alep, de redonner leur place aux individus – acteurs volontaires ou involontaires de la tragédie – et à leur trajectoire particulière dans cette
machine infernale. Les replacer au centre de la réflexion sur la guerre grâce au témoignage oral, à la peinture, à la sculpture, aux dessins des plus jeunes… Du son et des images. Appréhender le quotidien de la guerre à hauteur d’hommes et de femmes en soulignant le rôle des familles, le sort des enfants ou encore les histoires d’amour malgré les lignes de front. Non sous forme d’une documentation brute, mais en multipliant les vecteurs d’expression que peut emprunter la mémoire avec la part de failles, de fantasmes et de rêves que celle-ci comporte, forcément.

 

 Les réservations pour les visites de groupe durant la semaine du Prix se font auprès du Radar
visites du mardi au vendredi de 9h à 18h / 1 créneau de visite libre  = 30 min pour 1 groupe de 10-15 personnes
Image © Reem Yassouf