Le Radar 2Le Radar, Espace d’art actuel fête ses 10 ans

Exposition présentée du 29 avril au 4 juin 2017

Soirée performances le jeudi 27 avril à 18h30

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Au commencement

L’exposition Deux Temps, trois Mouvements est née du désir de mettre à l’épreuve le temps. Avec pour point de départ un espace blanc, elle va pourtant bien au delà des usages qui voudraient que les artistes déposent leurs oeuvres dans une coquille vide. Bien au contraire, celle-ci tisse un réseau qui enregistre à la fois l’espace, le temps et la création. Cette proposition laisse aux murs vierges, la possibilité de s’abandonner lentement aux traits de crayon de Réjane Lhote, de prendre la mesure des pas de Claude Cattelain, ou encore, d’apprivoiser les gestes de Natalia Jaime-Cortez. Ces trois artistes, aux pratiques bien singulières, ont en commun d’engager leurs corps dans la compréhension du lieu.

L’espace qui était alors intact, consent à accueillir la naissance des oeuvres. C’est l’opportunité pour le public d’accompagner les auteurs dans des performances, et ainsi de toucher du doigt le temps de la création. Deux Temps, Trois Mouvement se joue des déplacements, de la fragmentation, et propose un travail de reconstruction où, sur le même plan, se côtoient des traces de performances, des œuvres antérieures mais aussi des pièces conçues pour l’occasion. Le Radar devient alors un lieu d’échange entre trois artistes et se décline en deux temps : une soirée performances et un ensemble d’œuvres, visibles tout au long de l’exposition.

Quête Heuristique
Dans sa performance au Radar, Claude Cattelain propose un temps à la fois ramassé et intensif où la forme réside dans
l’épuisement du geste. Ce geste simple consiste à dresser à la force des bras, des planches posées au sol. D’un plan
horizontal, elles passent à la verticale et, une fois sur sa tranche, la cloison repose en équilibre. Rassemblé autour d’un
effort collectif, le groupe, par son action, construit un objet qui divise l’espace. En contournant la cloison, le spectateur
découvre une vidéo, seul témoignage de l’action qui a été menée. À travers des images qui défilent en boucle, le temps
n’est pas ici ce qui fait communément perdre, mais au contraire, ce qui ouvre vers l’infini.

Expérience de la Durée
Entre ses mains l’artiste Natalia Jaime-Cortez tient un papier qui a déjà eu plusieurs vies. Au commencement, la
surface blanche a été chargée en pigments. Vient ensuite le pliage qui marque à jamais le papier en creusant des sillons
profonds. Puis la feuille séjourne dans un bain et finira sa course suspendue dans les airs, dans l’attente de sécher
complètement. Lorsque l’artiste déplie la feuille, elle y découvre l’empreinte de ce long processus. Contenu entre ses
bras, le quadrillage définit ici l’échelle de toutes choses. Le corps devient alors un instrument de mesure qui aide à la
compréhension du monde. Le rapprochement avec la carte est tentant. N’est-ce pas là pour Natalia Jaime-Cortez, une
tentative de comprendre l’espace qui l’entoure ; partir d’un point de départ connu pour explorer l’inconnu ?

Espace Fractal
Si l’on considère que l’environnement n’est perceptible que de manière isolée alors, du monde, nous n’enregistrons
qu’une vision parcellaire, fragmentée. Lorsque Réjane Lhote tente d’apprivoiser les espaces qui l’entourent, elle est
nécessairement contrainte d’adopter un point de vue, d’opérer une sélection. Elle scanne alors le lieu, radiographie son
squelette interne et enregistre la manière dont il s’agence. Elle décloisonne et déploie les murs, les met à nu, les couche
à plat sur le papier. Cette topographie des lieux se décline en un répertoire de formes. Visible dans des carnets à dessin,
elles sont ensuite transposées à l’échelle d’un dessin mural.

 Visuel : Natalia Jaime-Cortez, Trilogie de la couleur, 2016 Performance avec papier, encre, pigment, plâtre.©Images Esméralda Da Costa

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