La manière dont Christophe Viart traite les images respire la neutralité et l’indétermination. Il n’impose aucune vision du monde, se gardant bien de sublimer ou même seulement de transfigurer sa banalité. Il affiche d’emblée un intérêt pour la fadeur. L’art de Viart est surtout de courtoisie, une volonté de ne pas peser sur la sensibilité du regardeur. Une fabrication qui récuse le spectacle de la virtuosité ou la mise en scène de la maladresse : un fini de bon aloi suspend toute dramatisation, préférant la facture appliquée de la copie à l’expressivité des marques accidentelles du processus. Les « motifs » eux-mêmes ne ménagent aucune surprise et se défient d’un excès de signification. Nous les recevons tels que nous les connaissions déjà, avec cet affect vague de curiosité distante qui pousse à feuilleter les gravures des encyclopédies. Un format mesuré, un encadrement soigné, témoignent du souci de ne rien déranger dans les habitudes du spectateur. Quitte à fixer celui-ci dans le respect des convenances d’une réception ordinaire.