« Si le travail de Judith Marin est constitué de dispositifs apparemment très différents, son univers pictural relève d’un même saisissement, celui de capter les traces d’une image furtive et passagère sur la rétine. Images nouvelles ou reprises, copiées d’ailleurs, elles sont délibérément fragmentaires, et constituées d’empreintes d’outils qu’elle fabrique ou transforme pour peindre: peignes, ressorts, ustensiles de cuisine, outils de chantiers, lames de toutes sortes vont ainsi s’inscrire dans la matière picturale. Manipulations de photographies, de photocopies, jeu de réductions ou d’agrandissements, l’image est ainsi maltraitée, grattée, écorchée et finalement sculptée afin de lui donner un «grain» particulier. Car c’est ce grain des choses que l’artiste veut transposer en peinture; le grain c’est la densité, l’épaisseur, le toucher et finalement ce singulier qui fait peinture. »
Claire Stoullig