Le travail de Philippe Eydieu s’articule autour de la lumière, notamment artificielle, et la confrontation spatiale d’éléments diffus et perceptuels. L’artiste privilégie les installations et la vidéo en ce que ces techniques lui permettent aussi de traduite plus efficacement une
certaine appréhension de la durée de l’oeuvre. Tous les dispositifs mis en place ont pour point commun de produire des images illusoires et instantanées, ayant saisi ou piégé la lumière sur le vif pour mieux la matérialiser. Ce motif récurrent prend forme sous des aspects variables allant du néon emprisonné dans une gangue de paraffine au flash d’un appareil photo ou autres ampoules. Fonder son travail sur la lumière implique l’acceptation tacite de quelques corollaires : la perte de contrôle, l’abandon du primat de l’artiste, un certain détachement par rapport à la forme finale de l’oeuvre. L’artiste parvient alors à faire surgir, ici ou là, un phénomène esthétique sans envergure mais dégageant une magie douce, presque chimérique.