L’artiste décline le motif de la fleur pour sa qualité première : la couleur, dans une démarche sérielle et méticuleuse. Son choix d’aligner des surfaces stylisées peintes en aplat anéanti tout effet de profondeur. La toile se présente comme un support bidimensionnel n’aspirant pas à la vraisemblance, révélant au contraire le factice. La valeur décorative des fleurs prévaut alors sur leur matérialité. Cette planéité favorise l’effet all over : le motif recouvre la surface et envahit l’espace du spectateur. L’artiste ajoute des lettres, des chiffres, comme autant de signifiants devenus visibles. Les fleurs et les signes se télescopent pour créer un espace unique, mi-réel mi-codifié, hors du temps mais contingent.