Exposition Alexander Gronsky

Dans le cadre des Boréales

Exposition visible du 19 novembre au 31 décembre 2016

Vernissage le samedi 19 novembre au Radar
ag-site-internetAlexander Gronsky est né en 1980 à Tallin en Estonie, mais depuis 2005, il vit et travaille à Moscou. Entre deux mondes, le photographe explore les frontières invisibles à travers des paysages qui oscillent entre le bâti et la friche, la nature et les périphéries des grandes villes. Ce travail sur les zones-limites se concentre ici dans deux séries. La série Pastoral, réalisée entre 2008 et 2010, explore des paysages estivaux de la banlieue de Moscou. Ces scènes font face à leurs équivalents hivernaux, nommés The Edge, produite entre 2008 et 2012, toujours à Moscou. On y découvre aussi bien dans l’une que dans l’autre, un environnement isolé qui conditionne la vie des hommes.

Dans Pastoral, les teintes sont douces. Ici une jeune femme profite de la caresse d’un soleil couchant, lovée dans un trou de verdure. Au loin des barres d’immeubles bouchent l’horizon. La répétition des logements, des poteaux électriques, des arbres, structurent les compositions. Dans The Edge, le blanc est incisif. On ne peut discerner la limite entre le ciel et la terre; les repères d’échelles s’en trouvent profondément perturbés. Au centre des compositions, on distingue ici de petits hommes, là une dentelle d’arbres poudrés et toujours ces éternels blocs de béton. Sur un autre tirage, deux lévriers nous fixent. Ils bravent la fraîcheur de la journée, emmitouflés dans leurs costumes colorés. L’ensemble des photographies d’Alexander Gronsky résonnent comme un film muet où les acteurs d’un jour semblent dans l’attente de la prochaine scène d’action.

L’artiste propose une collection d’images prisent sur le vif, minutieusement choisies et cadrées avec soin. Il s’en dégage une grande maîtrise et une certaine mise à distance du sujet, accentuée par une profondeur de champ qui fait la part belle aux vastes espaces. Les habitants paraissent perdus par leur environnement, le mouvement est ralenti, les scènes sont figées dans une douce torpeur. Entre ville et nature, les compositions ne sont pas sans rappeler la peinture romantique et comme le dit l’auteur, ces photographies sont à voir comme des métaphores qui dépeignent l’exploration humaine de l’espace. L’intérêt de ces zones-limites réside ainsi dans la façon dont les personnes se rapportent à ces espaces.

Ces territoires suburbains sont propices aux rencontres, au repos et aux loisirs. Les Moscovites font ici abstraction des gravats, déchets, centrales nucléaires, béton et autres poteaux électriques qui jalonnent le paysage. On y vient s’y réunir, faire des activités de plein air ou encore promener son chien. Ce sont finalement des paysages où tout semble être possible, où tout reste à faire. Véritables espaces de projection, ces lieux de l’entre-deux affichent une certaine douceur de vivre, à la croisée de l’ordre et du désordre, du construit et du démoli. Ce sont des lieux au «bord», en «suspend» dont les contours restent à dessiner.

 

Dossier de presse

Les Boréales

 


EVENEMENTS

Visite du dimanche : le 04 décembre 2016 à 16h30

45 minutes – Entrée libre / Sans réservation