Elisabeth Lincot

Exposition du 16 novembre au 5 janvier
Vernissage 16 novembre –14h30

L’ensemble de dessins et sculptures en céramique d’Elisabeth Lincot convoque un univers naturaliste peuplé d’oiseaux et de figures enfantines. Ici, la nuée rencontre les petites filles frondeuses alors que les portraits au graphite veillent sur le garçon indolent. Dans le monde de l’artiste, la flore prolifère, la faune colonise et la marmaille se fait tribu. Pourtant, chacun des membres de cette famille laisse entrevoir une solitude et une latence. L’univers d’Elisabeth Lincot plonge le visiteur dans un monde où le fantastique côtoie l’étrange, la candeur, le désenchanté et où le tableau de chasse flirte avec la chasse aux trésors.

L’exposition débute avec un mur de trophées composé d’une multitude de tête d’oiseau. Cette activité récréative a pour fins d’impressionner le visiteur en exhibant le résultat de la battue. Cette intimidation est renforcée par la kyrielle de billes noires qui, statiques, nous observent. Les volatiles sont ici privés des attributs du fantasme propre à leur espèce, leurs ailes. La présence récurrente de la figure animale dans le travail d’E.Lincot émane du pouvoir mystique qu’elle délivre. Les animaux sont des êtres vivants dont on ne cesse de vouloir déceler les caractéristiques humaines. Parallèlement, ils nous renvoient à notre propre animalité, à nos instincts les plus primitifs. À travers eux, l’artiste rend compte de notre nature humaine et aborde les rapports de domination et de prédation.

Plus loin, c’est une petite fille aux yeux bandés qui attire notre attention. L’hyper réalisme de l’enfant, sa posture familière, ses vêtements, renforcent sa présence dans l’espace d’exposition. C’est une attention minutieuse du vivant qui a permis à l’artiste de figer les attitudes, d’imiter les jeux et de fossiliser les personnalités. E.Lincot capte une part d’insouciance, une spontanéité naturelle et l’intimité des postures. L’artiste interroge le regard que nous portons sur l’enfance, les représentations que nous en avons, le statut que nous lui assignons, les valeurs et les imaginaires que nous y projetons.

Outre le fait qu’Elisabeth Lincot étudie son environnement en apportant autant d’attention à la figure de l’oiseau qu’aux enfants, le trait d’union entre ces deux axes de recherche réside dans ses autres dessins. La série “Seuls» a pour point de départ des photographies de guerre. Les zones de conflit offrent des environnements à l’abandon, propices aux prémices d’une narration. Le décor est préalablement nettoyé des indices traumatiques. Subsistent des paysages délabrés, des ruines fumantes, des routes interminables dans lesquels des enfants solitaires évoluent. Ici, la fragilité et la menace se côtoient provoquant un violent contraste.

Quelquefois, l’homme fusionne avec l’animal. Everyday life’s fiction en est un exemple. Cette typologie d’images témoigne des scènes de vie qui circulent en abondance sur les réseaux sociaux. Le chat, icône de la domestication des animaux, y tient une place de choix. Comme un totem, le félin incarne l’une des figures de nos mythes contemporains. L’artiste explore une autre relation entre l’homme et la nature, elle interroge la perméabilité entre les règnes et les espèces. La nature y est envisagée sans hiérarchie. Elle sert de modèle, traverse et nourrit un imaginaire à la fois étrange et onirique.

Visites commentées :
Jeudi 21 novembre et samedi 7 décembre, de 15h30 à 16h30
Visites-atelier enfants :
Samedis 28 décembre et 4 janvier, de 14h30 à 15h30

Communiqué de presse 

 Visuel : © Elisabeth Lincot, Honni (détail), 2018, Céramique émaillée et engobe, Crédit photo : Stéphane Maugendre